L'«ABC de la diplomatie» sous forme de brochure

L'«ABC de la diplomatie», qui a été publié par fragments dans la revue du DFAE «La Suisse et le monde», existe aussi sous forme de brochure en quatre langues (allemand, français, italien et anglais). Il peut être commandé gratuitement à l'adresse suivante:

«La Suisse et le monde»
c/o Schaer Thun AG
Industriestr. 12
3661 Uetendorf
Mention: l'ABC de la diplomatie

ou par e-mail:
druckzentrum@schaerthun.ch
Mention: l'ABC de la diplomatie

 
 
   
 
Accréditation
Procédure par laquelle un Etat, avant d’envoyer un ambassadeur (voir ambassade), demande au futur Etat de résidence de cet ambassadeur s’il donne son agrément au choix de cette personne et si cette personne est persona grata (voir persona non grata). L’agrément est le terme employé pour désigner l’assentiment donné par l’Etat de résidence (l’Etat accréditaire) au choix qu’a fait l’Etat d’envoi (l’Etat accréditant) d’une personne pour être accréditée comme ambassadeur.

Ambassade
Ce terme désigne à la fois l’ensemble du personnel choisi par un Etat pour exercer des fonctions diplomatiques dans un autre Etat (la mission diplomatique) et les locaux dans lequel ce personnel travaille. L’établissement d’une ambassade présuppose l’existence de relations diplomatiques entre les deux Etats. Les relations diplomatiques s’établissent par consentement mutuel et peuvent être rompues à tout moment par l’un ou l’autre des Etats. L’Ambassade peut être dirigée par un ambassadeur ou par un chargé d’affaires «ad interim». On parle de nonciature lorsqu’il s’agit de la représentation du Saint-Siège auprès d’un Etat et de mission permanente lorsqu’il s’agit de la représentation diplomatique d’un Etat auprès d’une organisation internationale. Les activités diplomatiques touchent à toutes les questions relatives aux relations entre gouvernements, notamment dans les domaines de la politique, de l’économie et des finances, du droit, de la coopération au développement, des questions sociales, des activités scientifiques et culturelles.

Accord de siège
Il s’agit d’un accord entre une organisation internationale et l’Etat qui
accueille le siège de cette organisation sur son territoire. L’accord en question détermine le statut juridique de cette organisation, en prévoyant les privilèges et immunités de l’organisation en tant que telle, de ses fonctionnaires, des représentants des Etats membres auprès de l’organisation ainsi que des experts en mission. La Suisse a signé de tels accords avec les organisations internationales ayant leur siège en Suisse comme par exemple l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation mondiale du commerce.


 
 
 
  B  
 
Banque mondiale

Comme le FMI (Fonds monétaire international), la Banque mondiale fait partie des institutions dites de «Bretton Woods» (du nom du lieu où les Etats ont décidé de mettre en place ces institutions). La Suisse est membre de ces deux institutions. Crée en 1945, la Banque mondiale a pour mission de lutter durablement contre la pauvreté par l’octroi de prêts, la transmission de connaissances, le renforcement des infrastructures et la mise en place de partenariats avec les secteurs public et privé. Actuellement, le Groupe de la Banque mondiale compte cinq institutions:
• La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD): elle octroit des prêts et une aide au développement aux pays à revenu intermédiaire et aux pays pauvres solvables.
• L’Association internationale de développement (IDA): elle octroit des prêts sans intérêts aux pays les plus pauvres.
• La société financière internationale (SFI): elle a pour mission de promouvoir la croissance des pays en développement en appuyant le secteur privé. La SFI, en collaboration avec d’autres investisseurs, finance des entreprises par l’octroi de prêts et la prise de participations.
• L’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI): elle contribue à encourager l’investissement étranger dans les pays en développement en assurant les investisseurs étrangers contre les certains risques non commerciaux (transfert de devises, expropriation et conflits armés, par exemple).
• Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux
investissements (CIRDI): le CIRDI favorise l’investissement étranger en facilitant le règlement, par voie de conciliation et d’arbitrage (voir règlement des différends), des différends entre les investisseurs étrangers et les Etats d’accueil.

Bilatéralisme
On parle de bilatéralisme lorsque des questions de politique étrangère sont débattues ou négociées entre deux parties. La plupart du temps, ce sont des Etats qui entretiennent des contacts bilatéraux. Il est également possible qu’un Etat et une organisation internationale entretiennent des relations bilatérales. Par exemple, la Suisse et l’Union européenne ont négocié sept accords bilatéraux. On distingue le bilatéralisme du multilatéralisme.

Bons offices
Terme général applicable aux différents types d’initiatives prises par un tiers (Etat, organisation internationale,...) afin de contribuer au règlement pacifique d’un conflit entre deux ou plusieurs Etats. Par le recours aux bons offices, on cherche à initier un dialogue entre les parties au conflit. Les bons offices peuvent prendre des formes très différentes allant de la simple assistance technique et opérationnelle (détermination d’un lieu pour une conférence entre les parties au conflit) à la participation à une opération de maintien de la paix de l’ONU en passant par la prise en charge d’un mandat de puissance protectrice (représentation des intérêts d’un autre Etat). La Suisse exerce encore quelques mandats de puissance protectrice. Par exemple, l’Ambassade de Suisse à La Havane représente les intérêts américains à Cuba et l’Ambassade de Suisse à Washington les intérêts cubains aux Etats-Unis.

 
 
 
  C  
 
Clauses de sauvegarde
Dispositions d’un traité international permettant aux Etats parties de
limiter leurs obligations ou de s’en libérer provisoirement dans certains cas particuliers. Les clauses de sauvegarde sont fréquentes dans les traités économiques. Elles constituent une sorte de «sonnette d’alarme». Le recours à de telles clauses permet de protéger certains intérêts supérieurs des Etats parties comme l’ordre public, la sécurité, la santé de la population ou le patrimoine culturel national. En outre, il existe des clauses de limitations quantitatives. Par exemple, dans les accords bilatéraux entre la Suisse et l’Union européenne, de telles clauses sont prévues en cas d’afflux excessif de main-d’œuvre provenant des Etats membres de l’Union européenne ou – dans le domaine du trafic – de poids lourds.


Chargé d’affaires «ad interim»

Diplomate qui remplace le chef de mission (l’ambassadeur) lorsque le poste de chef de mission est vacant ou lorsque le chef de mission est absent de l’Etat de résidence ou empêché d’exercer ses fonctions (voir ambassade).

Conseil de l’Europe
Le Conseil de l’Europe est une organisation internationale dont les objectifs principaux sont les suivants:
• défendre les droits de l’homme, l’Etat de droit et la démocratie pluraliste;
• favoriser la prise de conscience et la mise en valeur de l’identité culturelle européenne;
• rechercher des solutions aux grands problèmes de société (xénophobie, drogues, SIDA, bioéthique, etc.);
• assister les pays d’Europe centrale et orientale dans la mise en œuvre de réformes institutionnelles.
Les organes du Conseil de l’Europe sont:
• le Comité des Ministres (composé des ministres des affaires étrangères des quarante pays membres);
• l’Assemblée parlementaire (dont les membres sont élus par les parlements nationaux);
• le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux d’Europe.
Les travaux du Conseil de l’Europe conduisent à l’élaboration de conventions et d’accords qui sont la base de modifications des lois des différents Etats membres. Une des réalisations maîtresses du Conseil de l’Europe est la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) qui crée la Cour européenne des droits de l’homme. La Suisse est membre du Conseil de l’Europe et partie à la CEDH. Tout citoyen suisse ou toute personne se trouvant en Suisse s’estimant victime d’une violation des droits définis dans la CEDH peut déposer un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme.Le Conseil de l’Europe ne doit pas être confondu avec l’Union européenne: les deux organisations sont tout à fait distinctes. Néanmoins, les 15 Etats membres de l’Union européenne font également partie du Conseil de l’Europe.


Consensus
Constatation qu’un accord a été trouvé sur une question précise. Au sein des conférences et des organisations internationales, les décisions sont prises selon la règle du consensus. Souvent, «consensus» est confondu avec «unanimité». A la différence de l’unanimité, l’acceptation d’une décision par consensus se fait sans vote. Si aucun des Etats ne déclare expressément son opposition, le consensus est constaté. Cela permet à un Etat d’émettre des réserves sans s’opposer officiellement au consensus. En cas de scrutin formel, l’Etat aurait été contraint de voter «non» et aurait ainsi pu empêcher l’adoption de la décision.

Consulat
Poste consulaire de l’Etat d’envoi dans l’Etat de résidence, dont le fondement repose sur l’établissement de relations consulaires. Un poste consulaire peut être réparti en quatre classes: le consulat général, le consulat, le vice-consulat et l’agence consulaire. En principe, chacun des postes est dirigé par un chef de poste qui a un titre correspondant (ex: consulat général dirigé par un consul général, etc.). Les activités consulaires sont analogues à celles de la fonction diplomatique (voir ambassade), notamment dans les domaines de la représentation et des relations publiques, de la promotion économique, des relations culturelles et politiques. La fonction principale des agents consulaires reste toutefois l’assistance aux Suisses de l’étranger.

Convention
Cette notion est devenue le terme standard pour désigner les accords multilatéraux établis par ou sous l’égide des organisations internationales dans le but de réglementer certains aspects du droit ou des relations internationales. On peut citer comme exemple les Conventions de Vienne ou les Conventions de Genève.

Conventions de Genève
A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les Etats prennent conscience de la nécessité d’instituer des règles plus strictes en vue de protéger efficacement les personnes qui, en temps de guerre, ne participent pas – ou plus – aux combats. En 1949, quatre conventions sont adoptées à Genève. Elles protègent spécifiquement les catégories de personnes suivantes: les blessés, les malades, les naufragés, les prisonniers de guerre et les civils.

Conventions de la Haye
Lors des deux conférences de la paix de 1899 et de 1907 à la Haye, plusieurs conventions tendant à réglementer la conduite de la guerre sont élaborées. L’usage d’armes causant des maux superflus est notamment interdit.

Conventions de Vienne
Quatre conventions fondamentales pour les relations internationales ont été signées à Vienne. Il s’agit de la Convention de 1969 sur le droit destraités, de la Convention de 1961 sur les relations diplomatiques, de la Convention de 1963 sur les relations consulaires et de la Convention de 1986 sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales ou entre organisations internationales.

Courrier diplomatique
Personne chargée de transmettre le courrier du Ministère des Affaires étrangères de l’Etat d’envoi à la mission diplomatique (voir ambassade) de cet Etat située dans l’Etat de résidence. Cette personne bénéficie de l’inviolabilité et ne peut donc pas être arrêtée (voir privilèges et immunités).

Coutume internationale
Avec les traités internationaux, la coutume est l’une des deux sources principales de droits et d’obligations pour les Etats. On parle de coutume internationale lorsque les Etats adoptent certains comportements en ayant la conviction de se conformer à une obligation. Pour qu’une coutume se forme, deux éléments doivent donc être réunis: une certaine fréquence de comportements identiques de la part des Etats et la conviction de ces Etats qu’ils se conforment à une règle de droit international.

Crimes de guerre, génocide
Les crimes de guerre sont des violations graves du droit de la guerre (voir Conventions de La Haye et Conventions de Genève) comme, par exemple, une attaque dirigée spécifiquement contre des civils. Le génocide est un crime contre l’humanité qui, contrairement aux crimes de guerre, est imprescriptible. Cela signifie que des poursuites pénales peuvent être lancées contre les auteurs de génocide quel que soit le laps de temps qui s’est écoulé depuis sa perpétration. Le terme de génocide recouvre l’ensemble des actes (meurtres, atteintes graves à l’intégrité physique et mentale, transferts forcés d’enfants) commis dans l’intention de détruire, dans sa totalité ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. La tentative d’extermination des Juifs par les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et le massacre des Tutsis par les milices d’extrémistes hutus au Rwanda sont des actes de génocide.

 
 
 
  D  
 
Démarche diplomatique
C’est l’intervention d’une ambassade, ou de plusieurs ambassades, auprès du gouvernement de l’Etat de résidence. Ces démarches, orales ou écrites, peuvent avoir des buts très différents: communication ou demande de renseignements, proposition d’ouverture de négociations, requête tendant à obtenir certains avantages, protestations, etc.

Diplomatie préventive
Depuis la fin de la guerre froide, la communauté internationale tente de mettre en place, notamment à travers l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation sur la Sécurité et la Coopération en Europe, des dispositifs d’alerte rapide en cas d’apparition de tensions internationales susceptibles de dégénérer en crise voire en conflit armé. En cas d’alerte, ces organisations suggéreront aux Etats concernés les mesures propres à éviter l’aggravation de la situation. Si nécessaire, des procédures visant à régler le conflit pacifiquement seront mises en place (Règlement des différends).

Doyen du corps diplomatique
Le corps diplomatique est la réunion des chefs de mission (voir ambassade) accrédités auprès d’un même gouvernement. Ce corps est présidé par le doyen qui est en général le chef de mission de la classe la plus élevée et le plus anciennement accrédité dans le pays. Sans y être obligés, certains Etats accordent au nonce apostolique un statut spécial en ce qui concerne sa préséance. Il est souvent reconnu comme le doyen du corps diplomatique. Le doyen est le porte-parole du corps diplomatique lors de cérémonies officielles. C’est aussi lui qui présente, au nom et après consultation du corps diplomatique, d’éventuelles notes de protestation à l’Etat de résidence.

 
 
 
  E  
 
Extraterritorialité
En principe, les effets d’une loi doivent être limités au territoire de l’Etat qui l’a adoptée. Pour qu’une loi puisse légalement déployer des effets juridiques sur une situation, un bien ou une personne situé sur le territoire d’un autre Etat (effets extraterritoriaux), le droit international impose l’existence d’un lien de rattachement suffisant entre ce bien, cette personne ou cette situation et l’Etat qui a adopté cette loi. Par exemple, les articles 5, 6 et 6bis du Code pénal suisse prévoient que le Code pénal est applicable à tout Suisse qui aura commis un crime ou un délit à l’étranger et à quiconque aura commis à l’étranger un crime ou un délit contre un Suisse. Ces dispositions respectent le droit international puisqu’elles déploient des effets extraterritoriaux sur des situations qui ont un lien de rattachement suffisant avec la Suisse (soit la victime, soit l’auteur de l’infraction est de nationalité suisse).

 
 
 
  F  
 
Fonctionnaires internationaux
Agents exerçant, de façon exclusive et continue, une fonction publique au service d’une organisation internationale et soumis à un statut juridique international. En règle générale, ils bénéficient de privilèges et d’immunités comparables à ceux des diplomates. Leur statut est souvent issu de l’acte constitutif de l’organisation au service de laquelle ils travaillent. Ils ne doivent recevoir aucune instruction des Etats dont ils sont les ressortissants.

Fonds monétaire international (FMI)
Comme la Banque mondiale, le FMI fait partie des institutions dites de «Bretton Woods» (du nom du lieu où les Etats ont décidé de mettre en place ces institutions). La Suisse est membre de ces deux institutions depuis 1992. Le FMI a été créé en 1945 en vue d’encourager la coopération monétaire internationale et de promouvoir la stabilité des changes sur le plan international. Pour ce faire, le FMI met temporairement ses ressources financières à la disposition des Etats membres (prêts) qui font face à des difficultés d’ajustements de la balance des paiements. Il contribue ainsi à abréger la durée et à réduire l’ampleur des difficultés financières rencontrées par les Etats membres, à contribuer à la croissance économique, à réduire les problèmes d’inflation ainsi qu’à promouvoir l’emploi et la bonne gouvernance dans les pays récipiendaires. Depuis sa création, le FMI a constamment adapté ses instruments d’intervention en fonction de l’évolution des problèmes économiques et financiers. Il cherche aussi de manière accrue à prendre en considération les aspects politiques et sociaux dans l’élaboration de ses stratégies d’intervention et, de manière générale, dans les processus de prise de décision. Les trois axes opérationnels privilégiés du FMI restent la surveillance (principalement à travers les examens dits «Article IV»), l’aide financière et l’assistance technique.

 
 
 
  G  
 
Groupe d’action financière internationale contre le blanchiment de capitaux (GAFI)
Le GAFI est un organisme intergouvernemental, constitué en 1989 par le G7 à Paris et ouvert à la plupart des membres de l’OCDE. Il a pour objectif d’examiner et d’élaborer des stratégies de lutte contre le blanchiment d’argent d’origine illicite. A cette fin, il a adopté, en 1990, 40 recommandations que tous les pays sont encouragés à appliquer. Tous les pays membres font en outre régulièrement l’objet d’un examen approfondi. Il sied de relever qu’à l’occasion de son dernier examen (février 1998), le dispositif anti-blanchiment suisse a été jugé conforme aux recommandations du GAFI. Rappelons en effet que le secret bancaire est levé dans le cas de poursuites pénales en Suisse. Le secret bancaire est également levé dans le cas d’une demande d’entraide judiciaire émanant d’un Etat étranger ou d’un Tribunal pénal international (TPI Rwanda ou TPI Ex-Yougoslavie). De plus, le code pénal suisse réprime le blanchiment d’argent illicite ainsi que le défaut de vigilance dans les opérations financières (défaut de vérification de l’ayant-droit économique). Enfin, la loi de 1998 sur le blanchiment d’argent impose aux banques et aux autres intermédiaires financiers d’annoncer, en cas de soupçons fondés, les cas présumés de blanchiment d’argent.

 
 
 
  I  
 
Inviolabilité
Ce terme recouvre deux notions, l’inviolabilité personnelle du diplomate, d’une part, et celle des locaux de la mission diplomatique (voir ambassade), d’autre part. La personne du diplomate est inviolable, ce qui signifie qu’il ne peut être soumis à aucune forme d’arrestation ou de détention. L’inviolabilité des locaux de la mission fait obstacle à toute opération de police au sein de la mission, à moins que le chef de mission n’ait donné son consentement (voir privilèges et immunités).

 
 
 
  L  
 
Lettres de créance
Document adressé par le chef de l’Etat d’envoi au chef de l’Etat accréditaire par lequel le premier atteste que la personne désignée en qualité d’ambassadeur est habilitée par son gouvernement à exercer les fonctions de chef de mission (voir ambassade). Il n’existe pas de règles fixes quant à la forme, mais, en règle générale, les lettres de créances doivent mentionner le nom, les titres, la qualité spéciale et l’objet général de sa mission. Dans la lettre de créance, l’Etat d’envoi demande traditionnellement à l’Etat accréditaire «d’ajouter foi à ce que l’agent pourra dire au nom de son gouvernement et de lui réserver un accueil bienveillant». Les lettres de créance sont remises personnellement par l’ambassadeur de l’Etat d’envoi au chef de l’Etat accréditaire au cours d’une cérémonie qui revêt une solennité particulière.

 
 
 
  M  
 
Maintien et rétablissement de la paix
Les opérations de maintien de la paix sont déployées avec l’accord des parties au conflit. En général, ces opérations sont menées au nom des Nations Unies par des contingents nationaux (casques bleus). Les troupes ne disposent pas du droit de recourir à la force sauf en cas de légitime défense. Les opérations de rétablissement de la paix (ou d’imposition de la paix) ne font pas l’objet d’un accord préalable avec les parties au conflit. Elles sont autorisées par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU prise sur le fondement du chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Le chapitre VII de la Charte permet au Conseil de sécurité de prendre toutes les mesures – y compris militaires – qu’il juge nécessaire pour rétablir la paix. Ces opérations ne sont pas placées sous le contrôle de l’ONU. Elles sont conduites par un ou plusieurs Etats. Ce fut par exemple le cas lors de la guerre du Golfe.

Mémorandum
Terme désignant un texte essentiellement destiné à décrire des faits liés à une situation internationale. Le mémorandum accompagne souvent une note dans laquelle un Etat fait une demande particulière à un autre Etat.

Mission spéciale
Il s’agit des représentants d’un Etat chargés de se rendre auprès d’un autre Etat pour négocier un traité, discuter d’une question d’intérêt comun ou accomplir une tâche déterminée. Leur mission est temporaire, généralement courte. Les membres de ces missions bénéficient en substance des mêmes privilèges et immunités que les membres d’une ambassade.

Multilatéralisme
On parle de multilatéralisme lorsque des questions d’intérêt commun sont débattues ou négociées entre plus de deux parties. Les organisations et enceintes internationales telles que l’Organisation des Nations Unies, l’Organisation Mondiale du Commerce, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe sont le théâtre de discussions de cette nature. En raison de la mondialisation (de l’économie, des questions politiques, de l’environnement...), de plus en plus d’accords internationaux sont négociés au sein de ces structures multilatérales.

 
 
 
  N  
 
Neutralité
Statut juridique d'un Etat qui renonce, de manière temporaire ou permanente, à participer à un conflit armé. Les Conventions de La Haye de 1907 complétées par la coutume internationale définissent les droits et les obligations d'un Etat neutre face à un conflit armé entre Etats. Parmi ses droits, on trouve la liberté de commercer qui implique la possibilité, pour les entre-prises privées, d'entretenir des relations commerciales avec les Etats en guerre. Pour l'essentiel, les obligations d'un Etat neutre sont les suivantes:
• ne pas mettre des troupes ou des armes à la disposition d'un Etat en guerre;
• ne pas mettre son territoire à la disposition d'un Etat en guerre à des fins militaires;
• appliquer de manière identique à tous les Etats participants au conflit les restrictions au commerce de matériel de guerre;
• Être en mesure de défendre militairement son territoire.

Le droit de la neutralité oblige les Etats neutres à appliquer une neutralité militaire mais pas une neutralité économique. Les Etats neutres peuvent donc librement participer à des sanctions décidées par l'ONU, l'UE ou par un autre groupe d'Etats. En outre, le droit de la neutralité ne s'applique pas dans le cas des sanctions militaires décidées par l'ONU au nom de la communauté internationale en vue de protéger la paix et la sécurité internationale. Un Etat neutre est tout à fait apte à devenir membre d'organisations internationales telles que l'ONU ou l'UE. Par contre, le droit de la neutralité interdit aux Etats neutres d'adhérer à des organisations qui exigent de leurs membres qu'ils se défendent mutuellement en cas de guerre (alliance militaire). L'OTAN est une alliance militaire. Un Etat neutre ne pourra y adhérer que s'il renonce à son statut de neutralité.

Non-rétroactivité

Principe général du droit selon lequel une loi nationale ou un traité international ne peut déployer d’effets juridiques que sur des situations nées postérieurement à son entrée en vigueur. Une loi ou un traité qui prévoit l’interdiction de certains comportements ne peut en effet valoir que pour l’avenir. Si la loi ou le traité s’appliquait aussi à des faits antérieurs à son entrée en vigueur, cela autoriserait la punition de faits qui, au moment de leur commission, n’étaient pas interdits et donc licites.

Nonce
(du latin «nuntius», envoyé) Représentant diplomatique du Saint-Siège, évêque titulaire accrédité comme ambassadeur permanent du Saint-Siège auprès d’un gouvernement étranger (voir doyen du corps diplomatique). Selon la Convention de Vienne du 18 avril 1961 sur les relations diplomatiques, le statut du nonce apostolique est identique a celui des ambassadeurs et autres chefs de mission (voir ambassade). Il bénéfice de l’ensemble des privilèges et immunités garantis par la Convention de Vienne. Sur un plan interne à l’Eglise, le nonce a en outre une deuxième fonction. Il est le représentant du Pape auprès de l’Eglise locale.

Note diplomatique

Moyen de correspondance utilisé entre les missions diplomatiques établies dans un Etat de résidence et le Ministère des Affaires étrangères de l’Etat de résidence. Cette note est rédigée à la troisième personne et commence par une formule de politesse: «L’Ambassade de... présente ses compliments au Ministère des Affaires étrangères et a l’honneur de...». Elle se termine par la formule de courtoisie suivante: «L’Ambassade saisit cette occasion pour renouveler au Ministère les assurances de sa haute considération».

 
 
 
  O  
 
Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)
L’OCDE a vocation, d’une part, à contribuer à la concertation des 30 Etats membres (Europe de l’Ouest, Amérique du Nord, Japon, Mexique, République tchèque, Hongrie, Pologne, Turquie, Corée du Sud, Nouvelle Zélande et Australie) en matière de politiques économique et sociale et, d’autre part, à organiser des échanges d’informations en matière d’aide au développement. C’est dans le cadre de comités que les pays se réunissent et échangent des informations. Les comités rassemblent des représentants des pays Membres provenant soit des administrations nationales, soit des délégations auprès de l’OCDE à Paris. L’autorité suprême est le Conseil, qui a le pouvoir de décision. Il est composé d’un représentant de chaque pays Membre (ainsi que d’un représentant de la Commission européenne) et se réunit régulièrement au niveau des Ambassadeurs auprès de l’OCDE pour donner des directives générales à l’Organisation quant aux travaux à entreprendre. La Suisse fait partie de l’OCDE et participe activement aux travaux de cette organisation.

Organisation des Nations Unies (ONU)
L’ONU est la seule organisation universelle. La population mondiale y est représentée à presque 100%. Seuls la Suisse et le Saint-Siège n’en font pas partie. Les domaines auxquels l’ONU se consacre sont la sécurité et la paix, les droits humains, l’accroissement de la prospérité commune, la promotion de la cohésion sociale, l’aide humanitaire et la préservation du milieu naturel. La Suisse peut donc se rallier sans réserve aucune à la vocation de l’ONU, puisque ce sont également les objectifs de la politique étrangère suisse.
Les principaux organes de l’ONU sont:

• l’Assemblée générale (composée de représentants des Etats) qui délibère de toutes les grandes questions d’ordre international;
• le Conseil de sécurité (composé de quinze Etats membres) qui a la
responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales;
• le Secrétariat général qui administre l’ONU et exécute les décisions de ses organes;
• la Cour internationale de justice qui est l’organe judiciaire principal de l’ONU.
La Suisse bénéficie depuis 1948 du statut d’observateur auprès des
Nations Unies. Une votation sur l’adhésion se prépare pour 2002.

Organisation mondiale du Commerce (OMC)
L’OMC est née en 1995. Comptant parmi les organisations internationales les plus jeunes, l’OMC a succédé à l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), créé au lendemain de la seconde guerre mondiale. Le principal objectif de l’OMC est de favoriser autant que possible l’harmonie, la liberté, l’équité et la prévisibilité des échanges économiques internationaux. L’OMC administre les accords commerciaux existants, sert de cadre à la négociation de nouveaux accords, aide les pays en développement dans le domaine de la politique commerciale par le biais de l’assistance technique et des programmes de formation, examine les politiques commerciales nationales et règle les différends commerciaux Les Etats membres de l’OMC sont convenus de recourir à un système multilatéral de règlement des différends (au lieu de prendre des sanctions économiques de leur propre chef) s’ils estiment que d’autres Membres enfreignent les règles commerciales. Les Etats membres se sont engagés à respecter les jugements rendus par l’Organe de règlement de l’OMC. Les organes de l’OMC sont
• la Conférence ministérielle qui se réunit au moins une fois tous les deux ans;
• le Conseil général (composé des représentants des Etats membres) qui se réunit en tant que de besoin;
• la Direction générale qui assure le fonctionnement administratif de l’OMC;
• les conseils spécialisés qui assistent le Conseil général (Conseils du commerce des marchandises, des services, du droit de la propriété intellectuelle)
• et l’Organe de règlement mentionné plus haut.


Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)
L’OSCE est une organisation qui a pour objectif de créer un espace commun de sécurité sur la base de valeurs communes, telles que les droits de l’homme, la démocratie et l’Etat de droit. Elle regroupe actuellement (été 2001) 55 Etats (Amérique du Nord, Europe, Etats de l’ex-URSS). Son activité est surtout axée sur la diplomatie préventive, la prévention des conflits et la gestion des crises ainsi que le renforcement des sociétés démocratiques suite à des conflits. Son approche globale et indivisible de la sécurité comprend les facteurs politiques, militaires, économiques et environnementaux. L’OSCE est à la fois une plate-forme de négociation et d’élaboration de normes, disposant à ce titre également d’instruments opérationnels d’action sur place. Dans des régions de crise ou de tension, l’OSCE peut effectuer des missions et contribuer ainsi à la gestion de situations de crise ou à la normalisation après des conflits. Un poste de Haut Commissaire pour les minorités nationales (HCMN) a été créé au sein de l’OSCE. Le HCMN a pour mandat d’identifier à l’avance les conflits touchant les minorités et de proposer des mesures susceptibles de les désamorcer. Il existe au sein de l’OSCE un Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH). Le BIDDH, situé à Varsovie, aide au renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit et effectue des observations d’élections. Par le biais de son Représentant pour la liberté des médias, l’OSCE contribue à la promotion de la liberté d’opinion et de presse. La Cour de conciliation et d’arbitrage, à Genève, met à disposition des mécanismes de règlement pacifique de différends.

 
 
 
  P  
 
Pacta sunt servanda
Expression latine signifiant que les traités doivent être respectés par les Etats et les organisations internationales qui les ont signés et ratifiés. Le respect de ce principe est l’exigence première d’un ordre juridique international. Il est défini par les Conventions de Vienne de 1969 et 1986 sur le droit des traités: «Tout traité en vigueur lie les Parties et doit être exécuté par elles de bonne foi.»

Paraphe, signature et ratification
Le paraphe est la simple apposition des initiales des négociateurs à la fin de chaque page d’un accord international à des fins d’authentification. La signature est apposée à la fin du traité par des plénipotentiaires (négociateurs dotés des pleins pouvoirs). Elle marque la conclusion du traité et oblige l’Etat à se comporter de bonne foi à son égard. A moins que le traité n’en dispose autrement, la signature ne fait pas encore de l’Etat une partie au traité. La ratification est l’acte qui engage l’Etat à respecter le traité sur le plan international. En Suisse, l’Assemblée fédérale approuve la ratification des traités à l’exception de ceux que le Conseil fédéral est habilité, par une loi ou un traité, à signer et ratifier seul.

Persona non grata
Expression latine indiquant que le représentant d’un Etat n’est plus agréé par l’Etat de résidence. L’Etat de résidence peut, à tout moment et sans avoir à motiver sa décision, informer l’Etat d’envoi que le chef ou tout membre du personnel diplomatique est devenu «persona non grata», c’est-à-dire plus acceptable sur son territoire. L’Etat d’envoi rappellera alors la personne en cause ou mettra fin à ses fonctions. Si tel n’est pas le cas, l’Etat de résidence pourra l’expulser.

Personnel administratif et technique (AT)
Membres du personnel de la mission diplomatique employés dans le service administratif et technique de la mission; le statut juridique de ce personnel ne diffère pas beaucoup de celui du personnel diplomatique, sauf qu’il ne jouit pas de l’immunité de juridiction civile et administrative pour les actes privés. Le statut de ce personnel, en Suisse notamment, diffère surtout en matière de privilèges douaniers et de TVA.

Personnel diplomatique (CD)
Membres du personnel de la mission diplomatique (ambassade), y compris le chef de mission, qui ont la qualité de diplomates et jouissent du statut diplomatique. Cela signifie qu’ils bénéficient d’un certain nombre de privilèges et immunités notamment de l’inviolabilité personnelle, de l’immunité de juridiction, de l’exemption fiscale et de privilèges douaniers.

Préséance
Il s’agit de l’ordre à suivre dans le rang protocolaire, lorsque des représentants d’Etat viennent à se rencontrer. En d’autres termes, c’est le droit d’occuper, au cours d’une cérémonie, d’un cortège, d’une réception, la place qui, entre toutes, est considérée comme la plus honorable. Par exemple, le ministre des affaires étrangères a préséance sur les ambassadeurs et le doyen du corps diplomatique a préséance sur les autres chefs de mission.

Principe de subsidiarité
Principe selon lequel les décisions politiques doivent être prises au niveau de décision le plus proche possible de la population. Une question n’est soumise aux instances supérieures que si son objet ne peut être valablement réglementé au niveau inférieur. La plupart des Etats fédéraux ont inscrit ce principe dans leur constitution. Il permet de répartir les tâches entre l’Etat fédéral et les Etats fédérés (voir art. 3 Constitution fédérale suisse). L’article 3B du traité sur l’Union européenne le reprend et en fait un principe essentiel de l’action communautaire.

Privilèges et immunités
Prérogatives, exemptions fiscales et facilités accordées au personnel diplomatique et à leur famille ainsi qu’aux personnes bénéficiant d’un statut équivalent (par exemple, les fonctionnaires des organisations internationales). Ces privilèges et immunités comprennent: la liberté de communication entre la mission diplomatique (Ambassade) et les autorités de l’Etat d’envoi, l’inviolabilité du personnel diplomatique qui ne peut être, ni arrêté, ni détenu, l’inviolabilité des locaux diplomatiques (les autorités locales ne peuvent y pénétrer qu’avec l’autorisation du chef de la mission diplomatique), l’immunité juridictionnelle (aucune action en justice n’est possible contre un agent diplomatique ou sa famille) et des exonérations fiscales. Les privilèges et immunités sont accordés non pas pour avantager les individus mais pour leur permettre d’accomplir leurs fonctions en toute indépendance par rapport à l’Etat accréditaire.

Protection consulaire
La protection consulaire permet à un Etat de faire valoir et de défendre les droits de ses ressortissants. Néanmoins, contrairement à la protection diplomatique, l’Etat ne fait pas valoir son droit propre et n’exige pas réparation pour une violation du droit international. De ce fait, les conditions pour l’exercice de la protection consulaire sont moins strictes que celles applicables à la protection diplomatique. L’Etat protège le droit de ses ressortissants dans leur pays de séjour et en premier lieu en vertu de l’ordre juridique de ce pays. Par exemple, l’Etat peut intervenir au nom d’un de ses ressortissants détenu dans un autre Etat en demandant une amélioration de ses conditions de détention.

Protection diplomatique
Intervention d’un Etat au bénéfice d’un de ses nationaux (un individu ou une entreprise) auquel un autre Etat a causé un préjudice par des mesures contraires au droit international (lorsque cette personne n’a pu obtenir réparation par les voies de recours internes). L’Etat est seul juge de l’opportunité d’une telle intervention.
Cinq principes sont applicables à la protection diplomatique:
• En agissant au titre de la protection diplomatique, l’Etat fait valoir son propre droit.

• L’Etat ne peut accorder la protection diplomatique qu’à ses seuls nationaux.
• L’exercice de la protection diplomatique suppose que l’Etat, à l’encontre duquel elle s’exerce, ait violé une règle de droit international.
• Le national doit avoir épuisé toutes les voies de recours existantes en vue d’obtenir réparation du préjudice subi.
• Le lésé ne doit pas avoir, par son propre comportement, fait naître le dommage ou contribué à l’aggraver.

Protocole
Le mot protocole est employé dans des sens divers. Dans le sens le plus communément utilisé, il signifie l’ensemble des formes, usages et pratiques – soit le cérémonial – que les Etats et leurs représentants observent dans leurs rapports, notamment diplomatiques; le service du protocole sera, dans un ministère des affaires étrangères, le service chargé de s’occuper des questions de cet ordre. Le Protocole (ou Protocole final, ou Protocole additionnel) désigne un traité international qui est complémentaire à un traité principal, par exemple, les Protocoles additionnels I et II du 8 juin 1977 aux Conventions de Genève du 12 août 1949.

 
 
 
  R  
 
Réciprocité
Le principe de réciprocité joue un rôle central dans les relations internationales. En application de ce principe, un Etat ne confère des droits ou des avantages à un autre Etat que si ce dernier lui donne les mêmes droits et avantages. Un Etat partie à un traité ne fera bénéficier l’autre Etat partie des droits issus du traité que si celui-ci lui confère ces mêmes droits. Néanmoins, pour des raisons évidentes d’humanité, les traités relatifs aux droits de l’homme et au droit humanitaire doivent également être appliqués par les Etats qui y sont parties même à l’égard des Etats qui ne respectent pas les obligations issues du traité.

Reconnaissance des Etats
Constatation, par un Etat, de l’existence d’un nouvel Etat (un Etat=unepopulation+un territoire+un gouvernement). Par cette reconnaissance, l’Etat considère le nouvel Etat comme indépendant et montre qu’il est prêt à entretenir avec lui des relations diplomatiques. En principe, la Suisse ne reconnaît que les Etats, pas les gouvernements. Ainsi, le changement de pouvoir ou la création d’un nouveau régime dans un Etat que la Suisse a précédemment reconnu n’a pas de conséquence sur cette reconnaissance. Une entité réunissant les trois éléments constitutifs d’un Etat n’a pas de droit à la reconnaissance de la part des autres Etats qui restent libres de la reconnaître ou pas.

Recours à la force

La Charte des Nations Unies (voir ONU) interdit aux Etats de recourir àl’usage de la force armée. En principe, la guerre est interdite. La Charte des Nations Unies n’autorise le recours à la force que dans deux situations particulières:
• Un Etat a le droit de recourir à la légitime défense et de défendre militairement son territoire lorsqu’il fait l’objet d’une attaque armée.
• Les Etats peuvent recourir à l’usage de la force pour maintenir ou rétablir la paix internationale lorsqu’ils y ont été expressément autorisés par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Règlement des différends
Expression recouvrant l’ensemble des procédures dont le but est d’obtenir un règlement pacifique d’un différend entre deux ou plusieurs Etats. La négociation est le mode initial et le plus ordinaire de règlement des différends. Il s’agit d’une rencontre des Etats en vue de parvenir à un accord. Dans la procédure des bons offices, un Etat tiers établit les contacts entre les parties et assure l’organisation matérielle de la rencontre. Il ne propose pas de solution. Dans la médiation et la conciliation, un Etat tiers ou unorgane de conciliation propose une solution aux Etats concernés mais celle-ci n’a pas de caractère obligatoire. L’enquête n’a en principe pour objet que d’établir des faits. L’arbitrage se caractérise par l’attribution du pouvoir de statuer à un organe composé de personnes désignées par les parties. Cet organe arbitral rend une décision obligatoire. Enfin, les Etats peuvent soumettre leur différend à la Cour internationale de justice. La Cour rend des arrêts obligatoires.

Réserves
Ce sont des déclarations faites par un Etat partie à un traité par lesquelles cet Etat entend exclure ou modifier pour lui-même l’application d’une disposition du traité. Elles permettent d’obtenir un plus grand nombre de signatures, mais sont défavorables à une application uniforme du traité.

 
 
 
  S  
 
Sanctions
Ensemble des mesures (diplomatiques, économiques ou militaires) prises par un Etat ou une organisation internationale pour faire cesser une violation du droit international qu’une organisation a constaté ou dont un Etat s’estime victime. C’est le Conseil de sécurité de l’ONU qui est chargé, au nom des Etats, de décréter les sanctions à prendre contre un Etat qui met en danger la paix internationale. L’Organisation mondiale du commerce réglemente le recours aux sanctions dans le domaine économique. Dans les autres domaines, les Etats peuvent prendre les sanctions non militaires (le recours à la force est proscrit par la Charte des Nations Unies) qu’ils estiment utiles à condition que celles-ci soient proportionnelles au dommage subi par l’Etat. De plus, elles ne doivent être mise en œuvre qu’après sommation.

Soumission à la loi locale
Les personnes qui bénéficient des privilèges et immunités (diplomates, fonctionnaires internationaux) doivent respecter les lois de l’Etat de résidence (article 55 de la Convention de Vienne sur les relations consulaires et article 41 de le Convention de Vienne sur les relations diplomatiques).

Souveraineté
Sur le plan international, l’Etat est considéré comme souverain, car il est indépendant de tous les autres sujets de droit international (Etats, organisations internationales). Il n’est tenu d’assumer que les obligations auxquelles il a lui-même souscrit.

Système préférentiel
Depuis 1971, au titre du système des préférences généralisées, les pays développés membres du GATT (maintenant OMC) peuvent accorder des préférences tarifaires et douanières afin de venir en aide aux pays en voie de développement. Dans le but d’encourager ce système d’aide au développement, les accords du GATT prévoient que les autres Etats développés ne peuvent pas bénéficier de ces tarifs préférentiels en application de la clause de la nation la plus favorisée. Le système des préférences généralisées est une exception à cette clause selon laquelle les avantages commerciaux et douaniers consentis à un Etat membre de l’OMC doivent également bénéficier aux autres.

 
 
 
  T  
 
Traité international
Un traité est un accord conclu entre Etats ou entre Etats et organisations internationales en vue d’établir une réglementation internationale dans un domaine. Avec la coutume internationale, le traité est l’une des deux sources principales de droits et d’obligations pour les Etats. Cet accord peut se voir attribuer des dénominations différentes mais toutes sont équivalentes: traité, convention, accord, acte final, protocole, déclaration, Charte (par exemple, la Charte de l’ONU), pacte, échange de lettres,...


 
 
 
  U  
 
Union européenne (UE)
L’Union européenne repose sur trois piliers: les trois Communautés supranationales (Communauté européenne du charbon et de l’acier, Communauté européenne, Euratom), la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et la Coopération policière et judiciaire en matière pénale. Elle tend à l’intégration économique et au rapprochement politique des Etats qui la composent. L’Union européenne compte actuellement quinze Etats membres (été 2001). Elle mène des négociations d’adhésion avec dix Etats d’Europe centrale et orientale ainsi qu’avec Chypre et Malte. Depuis 1967, les trois Communautés qui forment le premier pilier de l’UE disposent d’organes communs: le Conseil de l’UE (plus connu sous le nom de«Conseil des ministres») adopte notamment les directives et les règlements communautaires (les «lois» européennes) qui sont préparés etproposés par la Commission européenne. Dans un nombre croissant de cas, le Parlement européen est consulté, voire participe sur un pied d’égalité à l’adoption de ces textes. La Cour de justice des communautés européennes assure, quant à elle, le respect du droit européen par les Etats membres et les organes de l’UE.

 
 

Qu’est-ce qu’un Consul Honoraire ?

 

En 1944, Me S.-Ch. Horneffer, avocat au barreau de Genève, et membre du Corps Consulaire de cette ville, publiera un VADE MECUM à l’usage des Consuls Honoraires  (et également des autres Consuls) en poste dans la cité de Calvin.

 

On trouvera, ci-après, des extraits de ce VADE MECUM qui répondent aux questions que soulèvent parfois le rôle des Consuls Honoraires. Car une certaine légende en la matière à la vie dure. Ainsi, on peut ne voir dans le Consul Honoraire qu’un personnage un peu flou qui, sous le couvert de l’immunité diplomatique, se livrerait à des activités au bord de la légalité. Ou alors, on pense que le titre de Consul Honoraire est purement honorifique et que ce genre de Consul n’a aucune espèce de fonction concrète.

 

Sous la rubrique « Généralités » de son VADE MECUM (p.5), Me Horneffer rappelle, à propos des Consuls et de l’immunité diplomatique : « Dire que les Consuls sont les ‘représentants’ d’une Puissance n’est (…) pas juridiquement exact et peut prêter à équivoque. Il est préférable de dire que leur ‘pays d’origine’ les désigne pour fonctionner dans un ‘État d’admission’. Les immunités et privilèges accordés aux représentants diplomatiques ne sont pas étendus aux agents consulaires. On verra néanmoins plus loin que certaines mesures de protection, de garantie et d’immunité entourent soit la personne même des Consuls, soit les bureaux et archives consulaires ».

 

Et Me Horneffer précise (p.6) : « Les Consuls qui ne sont pas ‘de carrière’, sont dénommés habituellement Consuls ‘Honoraires’ ; ils peuvent être étrangers, ressortissants soit à l’État dont ils sont Consuls soit même à un autre État étranger ; ils peuvent exercer une profession ‘accessoire’ à leurs fonctions consulaires (dans la plupart des cas cette profession est non pas accessoire mais principale) ; ils n’ont pas nécessairement de formation juridique spécialisée ; ils sont libres d’accepter le poste qui leur est offert, et restent libres de démissionner.

 

On ajoutera ici deux points, également évoqués par Me Horneffer. Premièrement, il faut savoir qu’un Consul Honoraire peut être, en même temps, Consul Général, Consul ou Vice-Consul. Le VADE MECUM explique (p.6) : « son caractère ‘honoraire’ n’en est pas modifié ; cette hiérarchie est dictée habituellement par l’importance du poste, l’étendue territoriale de l’arrondissement consulaire, le nombre de nationaux à protéger, l’amplitude des intérêts économiques à défendre ».

 

Deuxièmement (VADE MECUM, p.6) : « L’exequatur, accordé par le Conseil fédéral [Gouvernement suisse], détermine l’entrée en fonction du Consul dans le pays ‘d’admission’. Cet exequatur est demandé par la légation ou par le Gouvernement étranger s’il n’a pas de représentant diplomatique en Suisse ». L’exequatur est le décret par lequel le gouvernement d’un pays, ici, le Conseil fédéral, autorise un consul étranger à remplir ses fonctions dans ce pays.

 

On a vu, dans le 6ème chapitre du bref historique, intitulé « La guerre finno-russe », que même un citoyen suisse, en l’occurrence Me Kraft, peut bénéficier de l’exequatur délivré par son propre pays. Quant à l’inviolabilité des archives consulaires, elle a été évoquée dans le cinquième chapitre, titré « L’armée suisse veille ».